Fissures – Partie II

par jeanfrancoistrudelle

Je commencerai ce billet en soulignant le courage et la détermination de Laurent Proulx de l’Université Laval, Sophie Déry du CÉGEP d’Alma et Guillaume Charette de l’Université de Montréal.

J’exposais les fissures qui commençaient à apparaître au sein du mouvement étudiant dans ce billet. Il est maintenant temps de parler des injonctions qui ont été accordées à des étudiants désirant aller à leurs cours.

À Alma, les grévistes ont réagi d’une manière particulièrement inélégante. Il y a eu une alerte à la bombe et des étudiants ont perturbé les cours malgré l’injonction. Je les félicite pour leur respect des droits dont nous jouissons tous. Ça promet pour la société de demain.

Laurent Proulx a eu droit à une haie de déshonneur et à des professeurs lui faisant la leçon sur le respect des valeurs démocratiques. Ses professeurs auraient dû savoir qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout. Les citoyens jouissent de droits et libertés. Ceux de Laurent Proulx étaient brimés et ils ont été rétablis.

Pendant ce temps, dans la très militante UQAM, une entente a été convenue entre les étudiants et l’administration alors qu’une demande d’injonction avait été déposée. Fini le piquetage et l’intimidation, sinon, c’est 50 000$ d’amende. Les étudiants et les employés sont maintenant libres de circuler.

L’UQAR a dû demander un retour en classe d’ici le 16 avril sous la pression d’une mise en demeure déposée par Marc-André Jourdain.

L’éducation est un droit. Point à la ligne. Des gens ont dûment payé pour un service qu’on leur refuse, sous prétexte qu’une décision démocratique a été prise. La démocratie étudiante est absolument bidon et elle vient d’être remise à l’ordre. La grève n’a aucun fondement légal. C’est du séchage de cours institutionalisé qui reçoit beaucoup d’attention médiatique. C’est un outil pour les leaders politiques, et non pas étudiants, pour se sentir comme les grands joueurs syndicaux qui financent leur campagne. Les juges mettent fin à la mégalomanie d’une minorité contre la majorité.

Les fédérations étudiantes se plaignent de la judiciarisation du débat. Les masques tombent. Elles se fichent de vous. Elles sont là pour elles-mêmes. Rappelons-leur qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout, et, quand elle décide, elle le fait convenablement. Nous jouissons tous de droits individuels et inviolables.

Voilà ce que Me Cliche a à répondre aux groupes étudiants:

C’est faire dévier le débat de dire que l’on judiciarise quelque chose qui en soi est anormal, soit empêcher des gens d’exercer leurs droits.

La partie est finie. Le mur se fissure. Les fédérations étudiantes ont perdu.

En démocratie, il y a le peuple et le pouvoir. Les associations étudiantes viennent de rencontrer le peuple.

Merci, Laurent!

Advertisements