Fissures – Partie I

par jeanfrancoistrudelle

Les fissures commencent à apparaître dans le mouvement étudiant. Après le climax du 22 mars, tout le monde est revenu au naturel et la façade d’unité est tombée.

En fait, nous n’avions même pas à attendre. La division s’est fait sentir au cours de la grande manifestation. Selon les rumeurs, des chicanes de temps de parole auraient éclaté entre la FEUQ/FECQ et la CLASSE qui, fidèle à ses habitudes, voulait prendre toute la place. Les Patrouilleurs, l’équipe de terrain de La Presse, ont remarqué le début des dissensions.

So it begins. 

Six jours plus tard, des manifestants de la CLASSE allaient protester devant les locaux de la FEUQ tout en affirmant ouvertement vouloir la peau de Léo Bureau-Blouin de la FECQ.

La veille, un événement de la CLASSE s’était terminé dans la violence, pour faire changement. Ils avaient bloqué le siège-social de la SAQ dans une de leurs actions de perturbation économique. Léo Bureau a indirectement condamné l’événement. Deux jours plus tard, la Coalition allait bloquer le Port de Montréal. Conclusion? La police a dû sortir la matraque et le poivre de cayenne. Curieusement, ça vire mal à chaque fois que la CLASSE met les pieds quelque part. Aucun doute que les gens de la FECQ et de la FEUQ devaient être très mal à l’aise avec la situation.

Pourquoi la CLASSE s’en soucierait de toute manière? Les gants sont tombés, comme le démontre certaines revendications proposées pour leur congrès du 31 mars et 1er avril. En effet, une motion voulait que «la CLASSE blâme les fédérations étudiantes pour leur approche inhumaine et corporatiste de la lutte contre la hausse des frais de scolarité», qu’elle se «se dote d’un mandat de destruction des fédérations étudiantes » et que la CLASSE « ne collabore jamais avec les fédérations étudiantes et s’en méfie ». Le meilleur article:

Que la CLASSE invite ses membres à scander haut et fort le slogan : «FECQ, FEUQ, Flics! Même Gammique! » ainsi qu’à se doter de pancartes et banderoles le mentionnant.

Mieux vaut en rire, n’est-ce pas?

Voilà où en est rendu le mouvement étudiant: une bataille d’orgueil pour savoir qui aura le plus d’attention médiatique.

C’est une lutte pour eux, pas pour vous.

AJOUT: En bonus, un peu de Dean Martin.

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