Non à la grève

Le méchant étudiant pour la hausse.

Mois : avril, 2012

Souvenirs de Reagan

Le 3 août 1981, la Professional Air Traffic Controllers Organization (PATCO), l’organisation syndicale des contrôleurs aériens américains, déclencha une grève illégale. Ronald Reagan, alors président des États-Unis, lança un ultimatum. Si dans les prochaines 48 heures, les contrôleurs ne retournaient pas au travail, ils seraient renvoyés sur le champ. Personne n’y a cru. Le 5 août 1981, 11 345 grévistes perdaient leur emploi.

Vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas?

La CLASSE semble pathologiquement incapable d’agir dans les règles du civisme le plus élémentaire. Il aura fallu plus d’une semaine pour que Gabriel Nadeau-Dubois dénonce la violence. Tout ce temps, il prétendait ne pas en avoir le mandat. Pourtant, c’est lui qui nous sermonne constamment sur la désobéissance civile. Un vrai leader aurait eu le courage d’appliquer ce qu’il prône et aurait dénoncé les actes de vandalisme, puisqu’un citoyen d’une société libre et démocratique a uniquement besoin de jugement et de bon sens pour condamner l’inacceptable. La CLASSE a finalement dénoncé les actions portant atteinte à l’intégrité physique des personnes. Ils n’ont pas dénoncé la violence. Ils ont joué sur les mots. Ce sont des terroristes, n’ayons plus peur de le dire.

Ajoutons que la CLASSE n’est pas là pour négocier. Malheureusement, comme Le Devoir bloque ses articles, je me vois obliger de vous rediriger vers le blogue de Patrick Lagacé. Voici ce que les négociateurs de la CLASSE pensent d’une négociation:

Shanie Morasse: Je n’aime pas négocier, je n’aime pas les fédés et je n’aime pas le gouvernement.

Philippe Lapointe: Ce comité, dit de négociation, devra non pas négocier, mais exiger

Nicolas Lachance-Barbeau: J’ai répondu que d’aller m’assoir avec les gens du ministère de l’éducation était contre mes valeurs.

De plus, ils semblent que le mot trêve soit étranger à la Coalition. En effet, pour eux, une trêve, c’est faire la promotion d’événements qui tournent mal, mais ne pas les organiser. On les félicite. Ils méritent entièrement leur expulsion. Ils n’auraient jamais dû être invités en premier lieu. On ne cède pas au terrorisme.

D’ailleurs, la réaction des grévistes, ce soir, ne fait que me convaincre que la ministre a fait le bon choix. Le pire dans toute cette histoire est que la FEUQ et la FECQ demeurent solidaires de la CLASSE, pensant même offrir certains de leurs sièges à des représentants de la Coalition. Aussi bien considérer qu’ils ont renoncé aux négociations eux aussi. Mettons fin à cette blague.

Il est temps d’y aller à la Reagan avec les grévistes étudiants. Lançons un ultimatum aux associations étudiantes pour qu’elles consultent leurs membres sur la reconduction de la grève. Si elles continuent, annulons leur session. Le Conservatoire de musique de Montréal a marqué le pas. La ministre doit contacter les directeurs de CÉGEP et les recteurs d’université pour leur signaler que le gouvernement les appuiera financièrement et couvrira les pertes liées à une annulation de la session. Les frais de scolarité ne devraient pas être remboursés. Si des étudiants sont mécontents, ils n’auront qu’à poursuivre leur association, comme le gouvernement fédéral américain a fait avec la PATCO.

Ça ne s’est jamais vu dans l’histoire. Il y a une première à tout. Une telle action porterait un coup fatal au corporatisme syndical étudiant, qui, rappelons-le, est le club-école des grandes centrales syndicales. Grand bien nous fasse. Les associations, en février, vous promettaient que jamais la session ne serait annulée.

Robert Poli avait dit la même chose aux contrôleurs aériens. Puis, il rencontra Ronald Reagan.

Le Québec que j’aime?

J’interromps mon étude pour regarder la manifestation devant le Palais des Congrès.

J’espère que la CLASSE est fière d’elle. J’écrivais, le 18 mars, qu’il fallait se méfier de la CLASSE. On me prenait pour un alarmiste enragé. Eh bien.

Pendant ce temps, Gabriel Nadeau joue au révolutionnaire sur un power trip qui pense que casser des vitres est d’une intelligence phénoménale et que tout est à blâmer sur le pouvoir. Si je vous frappe en pleine face et que je blâme le fait que vous entretenez mal votre pelouse, allez-vous accepter que je ne suis pas responsable du fait que je vous ai arrangé le portrait? J’en doute.

Ceux qui pensent que le gouvernement doit négocier avec de telles personnes sont des tenants de la loi des voyous. Si vous brisez suffisamment de matériel, alors on doit vous écouter. Non.

Il ne faut plus négocier avec la CLASSE. Il ne faut plus leur donner de tribunes. Il ne faut plus les respecter. Il ne faut plus les écouter.

J’espère ardemment que ce sera devant un juge que les responsables feront désormais valoir leurs arguments. On va voir ce qu’il va penser de leurs « actions de perturbation économique ».

Ce n’est pas le Québec que j’aime que je vois. C’est un Québec pris en otage par des radicaux qui se foutent de la société civile.

AJOUT: La CLASSE aurait quitté la manifestation lorsque les policiers ont commencé à chasser les manifestants des alentours du Palais des Congrès.

Fissures – Partie II

Je commencerai ce billet en soulignant le courage et la détermination de Laurent Proulx de l’Université Laval, Sophie Déry du CÉGEP d’Alma et Guillaume Charette de l’Université de Montréal.

J’exposais les fissures qui commençaient à apparaître au sein du mouvement étudiant dans ce billet. Il est maintenant temps de parler des injonctions qui ont été accordées à des étudiants désirant aller à leurs cours.

À Alma, les grévistes ont réagi d’une manière particulièrement inélégante. Il y a eu une alerte à la bombe et des étudiants ont perturbé les cours malgré l’injonction. Je les félicite pour leur respect des droits dont nous jouissons tous. Ça promet pour la société de demain.

Laurent Proulx a eu droit à une haie de déshonneur et à des professeurs lui faisant la leçon sur le respect des valeurs démocratiques. Ses professeurs auraient dû savoir qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout. Les citoyens jouissent de droits et libertés. Ceux de Laurent Proulx étaient brimés et ils ont été rétablis.

Pendant ce temps, dans la très militante UQAM, une entente a été convenue entre les étudiants et l’administration alors qu’une demande d’injonction avait été déposée. Fini le piquetage et l’intimidation, sinon, c’est 50 000$ d’amende. Les étudiants et les employés sont maintenant libres de circuler.

L’UQAR a dû demander un retour en classe d’ici le 16 avril sous la pression d’une mise en demeure déposée par Marc-André Jourdain.

L’éducation est un droit. Point à la ligne. Des gens ont dûment payé pour un service qu’on leur refuse, sous prétexte qu’une décision démocratique a été prise. La démocratie étudiante est absolument bidon et elle vient d’être remise à l’ordre. La grève n’a aucun fondement légal. C’est du séchage de cours institutionalisé qui reçoit beaucoup d’attention médiatique. C’est un outil pour les leaders politiques, et non pas étudiants, pour se sentir comme les grands joueurs syndicaux qui financent leur campagne. Les juges mettent fin à la mégalomanie d’une minorité contre la majorité.

Les fédérations étudiantes se plaignent de la judiciarisation du débat. Les masques tombent. Elles se fichent de vous. Elles sont là pour elles-mêmes. Rappelons-leur qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout, et, quand elle décide, elle le fait convenablement. Nous jouissons tous de droits individuels et inviolables.

Voilà ce que Me Cliche a à répondre aux groupes étudiants:

C’est faire dévier le débat de dire que l’on judiciarise quelque chose qui en soi est anormal, soit empêcher des gens d’exercer leurs droits.

La partie est finie. Le mur se fissure. Les fédérations étudiantes ont perdu.

En démocratie, il y a le peuple et le pouvoir. Les associations étudiantes viennent de rencontrer le peuple.

Merci, Laurent!

Fissures – Partie I

Les fissures commencent à apparaître dans le mouvement étudiant. Après le climax du 22 mars, tout le monde est revenu au naturel et la façade d’unité est tombée.

En fait, nous n’avions même pas à attendre. La division s’est fait sentir au cours de la grande manifestation. Selon les rumeurs, des chicanes de temps de parole auraient éclaté entre la FEUQ/FECQ et la CLASSE qui, fidèle à ses habitudes, voulait prendre toute la place. Les Patrouilleurs, l’équipe de terrain de La Presse, ont remarqué le début des dissensions.

So it begins. 

Six jours plus tard, des manifestants de la CLASSE allaient protester devant les locaux de la FEUQ tout en affirmant ouvertement vouloir la peau de Léo Bureau-Blouin de la FECQ.

La veille, un événement de la CLASSE s’était terminé dans la violence, pour faire changement. Ils avaient bloqué le siège-social de la SAQ dans une de leurs actions de perturbation économique. Léo Bureau a indirectement condamné l’événement. Deux jours plus tard, la Coalition allait bloquer le Port de Montréal. Conclusion? La police a dû sortir la matraque et le poivre de cayenne. Curieusement, ça vire mal à chaque fois que la CLASSE met les pieds quelque part. Aucun doute que les gens de la FECQ et de la FEUQ devaient être très mal à l’aise avec la situation.

Pourquoi la CLASSE s’en soucierait de toute manière? Les gants sont tombés, comme le démontre certaines revendications proposées pour leur congrès du 31 mars et 1er avril. En effet, une motion voulait que «la CLASSE blâme les fédérations étudiantes pour leur approche inhumaine et corporatiste de la lutte contre la hausse des frais de scolarité», qu’elle se «se dote d’un mandat de destruction des fédérations étudiantes » et que la CLASSE « ne collabore jamais avec les fédérations étudiantes et s’en méfie ». Le meilleur article:

Que la CLASSE invite ses membres à scander haut et fort le slogan : «FECQ, FEUQ, Flics! Même Gammique! » ainsi qu’à se doter de pancartes et banderoles le mentionnant.

Mieux vaut en rire, n’est-ce pas?

Voilà où en est rendu le mouvement étudiant: une bataille d’orgueil pour savoir qui aura le plus d’attention médiatique.

C’est une lutte pour eux, pas pour vous.

AJOUT: En bonus, un peu de Dean Martin.

Victoire!

Serait-ce l’enchantement du Vendredi Saint un peu en avance? Line Beauchamp et Raymond Bachand viennent d’annoncer que le gouvernement bonifiera le programme de prêts et bourses, que la contribution parentale sera revue et qu’un RPR sera instauré.

Votre dévoué serviteur se réjouit, chers lecteurs! Vous aviez sûrement remarqué que je suis un ardent défenseur du RPR. 

Que disait la FEUQ en mars 2011? Qu’il fallait revoir la contribution parentale. Que fait le gouvernement? Revoir la contribution parentale. Pensez-vous que la FEUQ va saluer l’initiative? Non. Elle continuera de dire que la seule solution, c’est le gel.

Le meilleur, comme d’habitude, vient de la CLASSE.

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J’ai déjà exposé qu’ils vivaient dans une fantaisie. Ils semblent s’y complaire.

Vous vous demandiez pourquoi la ministre ne voulait pas négocier? Précisément pour ça. Peu importe ce qu’elle allait proposer, ce serait un « Non » retentissant. Les fédérations étudiantes ont fait preuve d’une mauvaise foi incroyable dans le débat, mais qui pisse contre le vent se mouille. Des mesures intelligentes, efficaces et justes viennent d’être proposées et elles se retrouvent devant un mur d’opposition désespérée.

Voici la vérité: les représentants étudiants veulent sauver la face. Ce n’est pas vous qui comptez. C’est eux.

Ils font de la politique avec votre éducation pour satisfaire leur ego. Malheureusement pour eux, au Québec, il n’y a pas assez de place pour des egos démesurés et une éducation de qualité.

La FEUQ, la FECQ et la CLASSE, il est temps de mettre fin à vos actions. Des compromis ont été faits. Les étudiants ont suffisamment perdu de temps pour faire plaisir à votre mégalomanie.

AJOUT: Aucun compromis. Un événement a été créé pour protester contre le nouveau plan gouvernemental. Depuis quand les étudiants sont-ils contre une réforme de la contribution parentale, faire payer les gens quand ils en auront les moyens et bonifier les prêts et bourses? Depuis que la ministre l’a proposé!

Où suis-je?

Entre un devoir de finance, des lectures et un travail de session en politique québécoise. 

Ne vous inquiétez pas, j’ai des choses à dire sur l’ouverture de la ministre et les déchirements étudiants. 

Bonne fin de grève, en passant.