Non à la grève

Le méchant étudiant pour la hausse.

Crise sociale?

Le terme est désormais entré dans la bouche de nos journalistes. Après le « printemps québécois » (ou érable, c’est selon), il semblerait que nous vivions une véritable « crise sociale ». Je ne parlerai pas de la question du printemps québécois, qui est franchement un abus de langage. Je vous invite plutôt à voir à quoi se compare notre « printemps québécois » au véritable printemps arabe.

L’incarnation de la « crise sociale » selon nos journalistes seraient le tintamarre de casseroles qu’on entend un peu partout au Québec ainsi que les nombreuses manifestations qui ont lieu principalement dans le centre-ville de Montréal.

Je me suis intéressé au phénomène des casseroles pour voir de quoi il était question. Est-ce vraiment la population québécoise qui s’indigne contre un gouvernement supposément corrompu qui brimerait leurs libertés fondamentales? Ou est-ce tout simplement des gens qui n’ont jamais voté pour Jean Charest et qui ont toujours détesté le gouvernement libéral depuis son élection en 2003? Si on se fie aux médias, on croirait que c’est la première option qui l’emporte. Or, une analyse un peu plus approfondie nous mène à penser le contraire.

J’ai comparé les positions géographiques des casseroles aux résultats électoraux de l’élection de 2008. Les résultats auraient de quoi surprendre un journaliste. Je ne l’étais pas.

Voici comment se répartit « la population québécoise qui se soulève ».

Montréal

Il y a beaucoup d’information, ce qui rend la compréhension de l’image un peu complexe, mais remarquez-vous quelque chose? Curieusement, les casseroles sont extrêmement concentrées dans les comtés péquistes et le comté solidaire. Il y en a aussi dans les comtés libéraux. J’y reviendrai.

Québec

Je crois que ça se passe d’explications ici.

Saguenay

Encore une fois, ça se passe chez les péquistes.

Québec en entier

La plus grande concentration est à Montréal. Si vous retournez voir la carte de Montréal, vous remarquerez que les casseroles sont presque en totalité dans l’Est montréalais francophone. Il y en a un peu partout au Québec, je le reconnais. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit principalement d’un mouvement montréalais. Il y a eu des casseroles dans des places fortes ou symboliques du PLQ, comme la région de Gatineau et Sherbrooke. À Gatineau, il n’y en avait qu’une centaine. À Sherbrooke, ils étaient 400. On est loin de la crise populaire, surtout quand on sait que Jean Charest a échappé au pire dans son comté en 2007 (il avait été déclaré vaincu par le candidat péquiste à Radio-Canada) et qu’il a été élu avec 7% d’avance (environ 2300 voix) sur son rival péquiste en 2008. Il y a donc un fond d’opposition au PLQ dans cette ville.

Allons voir le portrait général du nombre de manifestations à la casserole. J’ai comptabilisé le nombre d’incidences par comté. Je n’ai mis que les comtés où il y avait eu une manifestation, peu importe la taille (on parle parfois d’une seule personne). Je tiens à dire que j’inclue comme comtés péquistes les comtés qui ont voté PQ en 2008. Je ne tiens pas compte des changements qui ont eu lieu sans l’accord des commettants.

Les comtés péquistes sont surreprésentés. 60 manifestations sur les 112 que j’ai comptées sur la carte (permettez-moi une petite marge d’erreur) y ont eu lieu. Quand on ajoute les solidaires, on arrive à 73 sur 112. 65% des casseroles ont donc eu lieu dans des comtés possédés par deux partis contrôlant 42% de l’Assemblée nationale. Les manifestations les plus importantes (montréalaises) ont eu lieu dans les comtés péquistes et solidaire.

Les deux comtés où il y a eu le plus de manifestations à la casserole sont Gouin et Mercier. Dans Gouin, Françoise David est la candidate de Québec Solidaire et Mercier est représenté par Amir Khadir à l’Assemblée nationale. Françoise David, en 2008, a cumulé près de 32% des voix. Si on additionne avec le résultat péquiste, on obtient 73% des voix. Dans Mercier, Khadir a gagné avec 38% des voix. Si on additionne ces résultats avec ceux de Daniel Turp du PQ, on obtient 72% des voix.

J’ai mis en évidence deux comtés libéraux. Beaucoup de manifestations ont eu lieu dans Laurier-Dorion. Ce comté se trouve entre Crémazie (PQ en 2008) et Gouin (PQ avec forte présence QS). Ce sont sûrement des gens qui ont marché dans ce comté, mais qui venaient de plus au sud de la ville. De plus, il s’agit d’un comté avec une forte présence péquiste. En ce qui concerne Outremont, toutes les manifestations ont eu lieu dans le Mile End (adjacent à Mercier, comté de Khadir) et autour de l’Université de Montréal (on se demande pourquoi…). Ces manifestations ne sont pas représentatives de l’électorat de ce comté. D’ailleurs, dans le Mile End, QS connait de bons résultats, remportant même quelques sections de vote.

J’ajouterais un commentaire sur deux autres comtés libéraux: ceux de Verdun et de St-Henri-Ste-Anne. Tous deux ont aussi de fortes concentrations de vote péquiste. Encore une fois, on remarque les casseroles ont eu lieu dans ces secteurs.

Deux observations s’imposent. La première est qu’il s’agit principalement d’un phénomène situé dans l’Est francophone montréalais. Cela semble être corroboré par les votes de grève dans les CÉGEP, ceux ayant maintenu le boycott de leurs cours se trouvant majoritairement à cet emplacement.

Deuxième observation: la plupart des manifestants se trouvent dans des comtés péquistes et solidaire montréalais. La gauche y est très forte. Ils ont cette réputation depuis des lustres. Je posais deux questions au début de ce billet. Il semblerait que la 2e soit la bonne. Ce sont des gens qui n’aiment pas les libéraux, et ce, depuis 2003. Ils ont finalement une chance d’extérioriser leur mécontentement bruyamment et attirer l’attention. Ces gens ne sont pas le « peuple québécois ». C’est l’électorat de gauche montréalais dans tout ce qu’il a de plus typique et qui est frustré de ne pas être au pouvoir depuis bientôt 10 ans. Fait cocasse, les casseroles ont commencé au Chili pour protester contre le gouvernement socialiste de Allende dont les politiques ne laissaient rien dans les casseroles. Cocasse qu’elles surviennent dans des comtés où QS obtient de si bons résultats…

Il n’y a pas de crise sociale. Il y a seulement un immense refoulement des opposants au PLQ qui explose en ce moment. Les gens qui protestent ne sont pas « écoeurés » de leur gouvernement. Ils n’en ont jamais voulu en premier lieu de ce gouvernement!

Alors pourquoi les journalistes nous parlent de crise sociale? C’est simple. Je ne les accuse pas d’être biaisés. Au contraire, leur travail fut exemplaire et colossal. Or, même à Radio-Canada, il y a un intérêt économique à avoir une crise. Ça mousse les cotes d’écoute et ça augmente le tirage. Ils ont donc tout intérêt à maintenir un sentiment de crise ambiante pour garder leurs auditeurs et leur lectorat. À RDI, la couverture continue du débat sur la loi 78 a permis d’augmenter leurs cotes d’écoute. Alors pourquoi mettre fin à la fête quand on peut la faire continuer en y ajoutant un peu de piquant? C’est de là que vient la « crise sociale ».

Il y a une crise étudiante oui. Mais ne concluons pas du fait que plusieurs groupes se soient joints au mouvement de protestation étudiant qu’il « se passe quelque chose au Québec ». Ces groupes sont teintés politiquement et suivent un agenda politique précis.

Et ça, il faut le dire.

PS.: Je me permets une conclusion de style meme.

Ce que les manifestants pensent qu’ils sont.

Ce qu’ils sont réellement. 

De la démocratie à l’AFESPED

Aujourd’hui, nous avons eu le meilleur exemple du grand mythe de la démocratie étudiante.

Les étudiants en droit de l’UQAM ont voté leur retour en classe. Ils ont mis un terme à la grève. L’AFESPED, l’association dans laquelle ils sont emprisonnés, refuse de reconnaître ce vote. Ses membres s’obstinent donc à nuire aux étudiants en droit, en dépit de leur vote démocratique. Les étudiants en droit se sont donc tournés vers les tribunaux pour forcer l’application de leur volonté démocratique.

Or, la démocratie, dans nos universités et collèges, n’a qu’un sens: celui des révolutionnaires enragés qui pensent que le monde leur appartient et que la loi doit se plier à leur moindre volonté. Mais voyez-vous, la loi existe précisément pour nous protéger de telles personnes. Elle existe pour éviter que des illuminés pensent que leurs opinions peuvent être imposées sur tout le monde, peu importe la volonté des gens qui seront victimes de leur mégalomanie.

Aujourd’hui, nous avons vu la démocratie de l’AFESPED à l’oeuvre. L’association a envoyé ses militiens pour faire sa loi. Masqués, comme des lâches, ils sont allés perturber les classes de ceux qui avaient droit d’y être. Ils ne sont pas contentés de ça. En grands démocrates, des hommes grévistes ont brusqué deux femmes. Ils ont insulté les étudiants. Ils ont brusqué un journaliste qui avait le culot de témoigner de leurs activités.

C’est ça la démocratie? Violer le droit à l’information de la population? Violer le droit à l’éducation des étudiants? Violer le droit de vote?

Ce ne sont pas des agissements de gens souhaitant la démocratie. Ce sont des gens souhaitant imposer leur volonté sur tout le monde par la violence, l’intimidation, la haine, le mépris et la brutalité.

Une loi spéciale sera déposée. Ces personnes subiront finalement les conséquences de leurs actes immondes, répugnants et dégueulasses.

Cette «grève» a assez duré. Les associations ne sont pas au-dessus des lois.

Il est temps de leur rappeler.

De l’injonction au Québec

Vous excuserez le mauvais jeu de mot sur le dos de Alexis de Tocqueville.

On ne cesse d’entendre, de la part des défenseurs de la glorieuse révolution étudiante, que les injonctions violent la glorieuse démocratie étudiante dont j’ai déjà exposé les failles. Un océan, que dis-je, un univers de bêtises a eu lieu depuis la rédaction de mon billet. Dans ce qui est arrivé récemment, je donne une mention spéciale à l’AFESPED-UQAM, qui ne veut même pas respecter un vote mettant fin à la grève de la part des étudiants en droit.

Certains nous feront croire que les associations étudiantes sont démocratiques. J’hésite à dire si c’est de la mauvaise foi ou de la naïveté. Sûrement un peu des deux.

Cela m’amène à parler de la nature démocratique d’une injonction. Au Canada et dans le monde occidental libre et civilisé, les gouvernements voient leur pouvoir limité par des constitutions et/ou la tradition. Autrement dit, la voix de la majorité n’a aucune valeur si elle s’impose dans une sphère où le gouvernement n’a pas autorité. Ainsi, l’Assemblée nationale ne peut pas légiférer sur tout ce qui lui plaît. Par exemple, elle ne pourrait dépouiller un groupe ethnique de son droit à l’expression, et ce, même si les Québécois étaient en faveur d’une telle règle à 99%. Si une loi votée démocratiquement dépasse les limites qui ont été imposées, fort probablement que son application sera suspendue par… une injonction. Et devinez quoi. L’injonction sera démocratiquement légitime.

Les associations étudiantes sont aussi limitées dans leur pouvoir. Elles peuvent fournir des services aux étudiants à partir des cotisations. Les votes en AG servent à déterminer comment sera dépensée l’argent. Un vote de grève, dans le cas d’une association étudiante, ne fait qu’envelopper d’un statut «officiel» le fait que certains étudiants désirent sécher les cours pour poursuivre un but politique. Il ne donne pas le droit de bloquer l’accès aux autres, l’éducation étant un droit fondamental.

Si l’Assemblée nationale du Québec ou la Chambre des Communes du Canada peuvent être contraintes par une injonction, alors pourquoi une association étudiante ne pourrait pas l’être? Aux dernières nouvelles, elles ne sont pas plus puissantes que ces chambres délibérantes. Elles ne devraient jamais l’être, d’ailleurs.

Personne n’est au-dessus des lois. Même pas si vous avez un vote de grève bidon pour « appuyer » votre « mouvement ». Et si les étudiants déclarent que les lois autorisant les injonctions sont illégitimes, alors laissez les étudiants qui ne sont pas d’accord ne pas reconnaître la souveraineté d’une association étudiante sur leur vie.

It takes two to tango.

Je prône la révolte contre la botte oppressive des associations étudiantes.

Faites valoir vos droits.

AJOUT: Qui permet aux associations étudiantes d’exister? Ah oui. L’État québécois par le biais de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants. Si les injonctions ne valent rien, alors pourquoi cette loi aurait-elle une quelconque valeur?

La faute à qui?

En octobre 2011, le gouvernement du Québec proposait le projet de loi 33 mettant fin au placement syndical, un dossier qui traînait depuis des décennies. Pendant les débats, on a vandalisé des bureaux de ministres et de députés libéraux. La ministre du Travail, Lise Thériault, a été menacée. Plusieurs chantiers ont été perturbés. Des gros bras ont failli tuer des scaphandriers en guise de protestation. La ministre Thériault avait condamné la violence et avait promis de ne pas plier devant elle. Les travailleurs, eux, voulaient travailler.

Début 2012. Grève étudiante. La gouvernement a décidé de dégeler les frais de scolarité, un dossier qui traînait depuis 20 ans. Des bureaux de ministres et de députés libéraux sont vandalisés. La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a été menacée. Des syndicalistes en devenir empêchent des étudiants d’assister à leurs cours. Les AG souffrent d’un grand déficit démocratique. Il y a de la violence et de l’intimidation dans les rues de Montréal (et de Victoriaville). Line Beauchamp refusait de discuter avec des gens pathologiquement incapables de condamner la violence.

Commencez-vous à comprendre?

La violence syndicale commise lors du débat sur le projet de loi 33 était uniquement la faute des syndicats qui l’organisaient en catimini. Lise Thériault et Diane Lemieux n’avaient rien à voir dedans pour une raison bien simple: elles faisaient leur travail et des gens ont signalé, d’une manière sauvage, qu’ils n’appréciaient pas. Tant pis pour eux s’ils ont choisi la violence. Ils sont les seuls responsables de leurs gestes et ont fait face aux conséquences.

Si cette logique s’appliquait en octobre 2011, elle s’applique pour l’année 2012. Quand on casse une vitre ou qu’on bat un policier, ce n’est pas la faute d’un gouvernement qui gouverne. C’est la faute de celui qui casse la vitre et qui bat un policier. Et ce, peu importe ce que diront les bien-pensants en mal de révolution qui ont bien de la difficulté à accepter que le compas moral du mouvement étudiant est clairement brisé en mille morceaux.

Point. À. La. Ligne.

Souvenirs de Reagan

Le 3 août 1981, la Professional Air Traffic Controllers Organization (PATCO), l’organisation syndicale des contrôleurs aériens américains, déclencha une grève illégale. Ronald Reagan, alors président des États-Unis, lança un ultimatum. Si dans les prochaines 48 heures, les contrôleurs ne retournaient pas au travail, ils seraient renvoyés sur le champ. Personne n’y a cru. Le 5 août 1981, 11 345 grévistes perdaient leur emploi.

Vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas?

La CLASSE semble pathologiquement incapable d’agir dans les règles du civisme le plus élémentaire. Il aura fallu plus d’une semaine pour que Gabriel Nadeau-Dubois dénonce la violence. Tout ce temps, il prétendait ne pas en avoir le mandat. Pourtant, c’est lui qui nous sermonne constamment sur la désobéissance civile. Un vrai leader aurait eu le courage d’appliquer ce qu’il prône et aurait dénoncé les actes de vandalisme, puisqu’un citoyen d’une société libre et démocratique a uniquement besoin de jugement et de bon sens pour condamner l’inacceptable. La CLASSE a finalement dénoncé les actions portant atteinte à l’intégrité physique des personnes. Ils n’ont pas dénoncé la violence. Ils ont joué sur les mots. Ce sont des terroristes, n’ayons plus peur de le dire.

Ajoutons que la CLASSE n’est pas là pour négocier. Malheureusement, comme Le Devoir bloque ses articles, je me vois obliger de vous rediriger vers le blogue de Patrick Lagacé. Voici ce que les négociateurs de la CLASSE pensent d’une négociation:

Shanie Morasse: Je n’aime pas négocier, je n’aime pas les fédés et je n’aime pas le gouvernement.

Philippe Lapointe: Ce comité, dit de négociation, devra non pas négocier, mais exiger

Nicolas Lachance-Barbeau: J’ai répondu que d’aller m’assoir avec les gens du ministère de l’éducation était contre mes valeurs.

De plus, ils semblent que le mot trêve soit étranger à la Coalition. En effet, pour eux, une trêve, c’est faire la promotion d’événements qui tournent mal, mais ne pas les organiser. On les félicite. Ils méritent entièrement leur expulsion. Ils n’auraient jamais dû être invités en premier lieu. On ne cède pas au terrorisme.

D’ailleurs, la réaction des grévistes, ce soir, ne fait que me convaincre que la ministre a fait le bon choix. Le pire dans toute cette histoire est que la FEUQ et la FECQ demeurent solidaires de la CLASSE, pensant même offrir certains de leurs sièges à des représentants de la Coalition. Aussi bien considérer qu’ils ont renoncé aux négociations eux aussi. Mettons fin à cette blague.

Il est temps d’y aller à la Reagan avec les grévistes étudiants. Lançons un ultimatum aux associations étudiantes pour qu’elles consultent leurs membres sur la reconduction de la grève. Si elles continuent, annulons leur session. Le Conservatoire de musique de Montréal a marqué le pas. La ministre doit contacter les directeurs de CÉGEP et les recteurs d’université pour leur signaler que le gouvernement les appuiera financièrement et couvrira les pertes liées à une annulation de la session. Les frais de scolarité ne devraient pas être remboursés. Si des étudiants sont mécontents, ils n’auront qu’à poursuivre leur association, comme le gouvernement fédéral américain a fait avec la PATCO.

Ça ne s’est jamais vu dans l’histoire. Il y a une première à tout. Une telle action porterait un coup fatal au corporatisme syndical étudiant, qui, rappelons-le, est le club-école des grandes centrales syndicales. Grand bien nous fasse. Les associations, en février, vous promettaient que jamais la session ne serait annulée.

Robert Poli avait dit la même chose aux contrôleurs aériens. Puis, il rencontra Ronald Reagan.

Le Québec que j’aime?

J’interromps mon étude pour regarder la manifestation devant le Palais des Congrès.

J’espère que la CLASSE est fière d’elle. J’écrivais, le 18 mars, qu’il fallait se méfier de la CLASSE. On me prenait pour un alarmiste enragé. Eh bien.

Pendant ce temps, Gabriel Nadeau joue au révolutionnaire sur un power trip qui pense que casser des vitres est d’une intelligence phénoménale et que tout est à blâmer sur le pouvoir. Si je vous frappe en pleine face et que je blâme le fait que vous entretenez mal votre pelouse, allez-vous accepter que je ne suis pas responsable du fait que je vous ai arrangé le portrait? J’en doute.

Ceux qui pensent que le gouvernement doit négocier avec de telles personnes sont des tenants de la loi des voyous. Si vous brisez suffisamment de matériel, alors on doit vous écouter. Non.

Il ne faut plus négocier avec la CLASSE. Il ne faut plus leur donner de tribunes. Il ne faut plus les respecter. Il ne faut plus les écouter.

J’espère ardemment que ce sera devant un juge que les responsables feront désormais valoir leurs arguments. On va voir ce qu’il va penser de leurs « actions de perturbation économique ».

Ce n’est pas le Québec que j’aime que je vois. C’est un Québec pris en otage par des radicaux qui se foutent de la société civile.

AJOUT: La CLASSE aurait quitté la manifestation lorsque les policiers ont commencé à chasser les manifestants des alentours du Palais des Congrès.

Fissures – Partie II

Je commencerai ce billet en soulignant le courage et la détermination de Laurent Proulx de l’Université Laval, Sophie Déry du CÉGEP d’Alma et Guillaume Charette de l’Université de Montréal.

J’exposais les fissures qui commençaient à apparaître au sein du mouvement étudiant dans ce billet. Il est maintenant temps de parler des injonctions qui ont été accordées à des étudiants désirant aller à leurs cours.

À Alma, les grévistes ont réagi d’une manière particulièrement inélégante. Il y a eu une alerte à la bombe et des étudiants ont perturbé les cours malgré l’injonction. Je les félicite pour leur respect des droits dont nous jouissons tous. Ça promet pour la société de demain.

Laurent Proulx a eu droit à une haie de déshonneur et à des professeurs lui faisant la leçon sur le respect des valeurs démocratiques. Ses professeurs auraient dû savoir qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout. Les citoyens jouissent de droits et libertés. Ceux de Laurent Proulx étaient brimés et ils ont été rétablis.

Pendant ce temps, dans la très militante UQAM, une entente a été convenue entre les étudiants et l’administration alors qu’une demande d’injonction avait été déposée. Fini le piquetage et l’intimidation, sinon, c’est 50 000$ d’amende. Les étudiants et les employés sont maintenant libres de circuler.

L’UQAR a dû demander un retour en classe d’ici le 16 avril sous la pression d’une mise en demeure déposée par Marc-André Jourdain.

L’éducation est un droit. Point à la ligne. Des gens ont dûment payé pour un service qu’on leur refuse, sous prétexte qu’une décision démocratique a été prise. La démocratie étudiante est absolument bidon et elle vient d’être remise à l’ordre. La grève n’a aucun fondement légal. C’est du séchage de cours institutionalisé qui reçoit beaucoup d’attention médiatique. C’est un outil pour les leaders politiques, et non pas étudiants, pour se sentir comme les grands joueurs syndicaux qui financent leur campagne. Les juges mettent fin à la mégalomanie d’une minorité contre la majorité.

Les fédérations étudiantes se plaignent de la judiciarisation du débat. Les masques tombent. Elles se fichent de vous. Elles sont là pour elles-mêmes. Rappelons-leur qu’en démocratie, la majorité ne décide pas de tout, et, quand elle décide, elle le fait convenablement. Nous jouissons tous de droits individuels et inviolables.

Voilà ce que Me Cliche a à répondre aux groupes étudiants:

C’est faire dévier le débat de dire que l’on judiciarise quelque chose qui en soi est anormal, soit empêcher des gens d’exercer leurs droits.

La partie est finie. Le mur se fissure. Les fédérations étudiantes ont perdu.

En démocratie, il y a le peuple et le pouvoir. Les associations étudiantes viennent de rencontrer le peuple.

Merci, Laurent!

Fissures – Partie I

Les fissures commencent à apparaître dans le mouvement étudiant. Après le climax du 22 mars, tout le monde est revenu au naturel et la façade d’unité est tombée.

En fait, nous n’avions même pas à attendre. La division s’est fait sentir au cours de la grande manifestation. Selon les rumeurs, des chicanes de temps de parole auraient éclaté entre la FEUQ/FECQ et la CLASSE qui, fidèle à ses habitudes, voulait prendre toute la place. Les Patrouilleurs, l’équipe de terrain de La Presse, ont remarqué le début des dissensions.

So it begins. 

Six jours plus tard, des manifestants de la CLASSE allaient protester devant les locaux de la FEUQ tout en affirmant ouvertement vouloir la peau de Léo Bureau-Blouin de la FECQ.

La veille, un événement de la CLASSE s’était terminé dans la violence, pour faire changement. Ils avaient bloqué le siège-social de la SAQ dans une de leurs actions de perturbation économique. Léo Bureau a indirectement condamné l’événement. Deux jours plus tard, la Coalition allait bloquer le Port de Montréal. Conclusion? La police a dû sortir la matraque et le poivre de cayenne. Curieusement, ça vire mal à chaque fois que la CLASSE met les pieds quelque part. Aucun doute que les gens de la FECQ et de la FEUQ devaient être très mal à l’aise avec la situation.

Pourquoi la CLASSE s’en soucierait de toute manière? Les gants sont tombés, comme le démontre certaines revendications proposées pour leur congrès du 31 mars et 1er avril. En effet, une motion voulait que «la CLASSE blâme les fédérations étudiantes pour leur approche inhumaine et corporatiste de la lutte contre la hausse des frais de scolarité», qu’elle se «se dote d’un mandat de destruction des fédérations étudiantes » et que la CLASSE « ne collabore jamais avec les fédérations étudiantes et s’en méfie ». Le meilleur article:

Que la CLASSE invite ses membres à scander haut et fort le slogan : «FECQ, FEUQ, Flics! Même Gammique! » ainsi qu’à se doter de pancartes et banderoles le mentionnant.

Mieux vaut en rire, n’est-ce pas?

Voilà où en est rendu le mouvement étudiant: une bataille d’orgueil pour savoir qui aura le plus d’attention médiatique.

C’est une lutte pour eux, pas pour vous.

AJOUT: En bonus, un peu de Dean Martin.

Victoire!

Serait-ce l’enchantement du Vendredi Saint un peu en avance? Line Beauchamp et Raymond Bachand viennent d’annoncer que le gouvernement bonifiera le programme de prêts et bourses, que la contribution parentale sera revue et qu’un RPR sera instauré.

Votre dévoué serviteur se réjouit, chers lecteurs! Vous aviez sûrement remarqué que je suis un ardent défenseur du RPR. 

Que disait la FEUQ en mars 2011? Qu’il fallait revoir la contribution parentale. Que fait le gouvernement? Revoir la contribution parentale. Pensez-vous que la FEUQ va saluer l’initiative? Non. Elle continuera de dire que la seule solution, c’est le gel.

Le meilleur, comme d’habitude, vient de la CLASSE.

Image

J’ai déjà exposé qu’ils vivaient dans une fantaisie. Ils semblent s’y complaire.

Vous vous demandiez pourquoi la ministre ne voulait pas négocier? Précisément pour ça. Peu importe ce qu’elle allait proposer, ce serait un « Non » retentissant. Les fédérations étudiantes ont fait preuve d’une mauvaise foi incroyable dans le débat, mais qui pisse contre le vent se mouille. Des mesures intelligentes, efficaces et justes viennent d’être proposées et elles se retrouvent devant un mur d’opposition désespérée.

Voici la vérité: les représentants étudiants veulent sauver la face. Ce n’est pas vous qui comptez. C’est eux.

Ils font de la politique avec votre éducation pour satisfaire leur ego. Malheureusement pour eux, au Québec, il n’y a pas assez de place pour des egos démesurés et une éducation de qualité.

La FEUQ, la FECQ et la CLASSE, il est temps de mettre fin à vos actions. Des compromis ont été faits. Les étudiants ont suffisamment perdu de temps pour faire plaisir à votre mégalomanie.

AJOUT: Aucun compromis. Un événement a été créé pour protester contre le nouveau plan gouvernemental. Depuis quand les étudiants sont-ils contre une réforme de la contribution parentale, faire payer les gens quand ils en auront les moyens et bonifier les prêts et bourses? Depuis que la ministre l’a proposé!

Où suis-je?

Entre un devoir de finance, des lectures et un travail de session en politique québécoise. 

Ne vous inquiétez pas, j’ai des choses à dire sur l’ouverture de la ministre et les déchirements étudiants. 

Bonne fin de grève, en passant.